En 2010 prendra fin le projet pilote des hôpitaux de jour gériatriques (HJG), financé par le budget de l’Etat. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) s’est penché, en collaboration avec des équipes de Liège et de Gand (université et hôpital universitaire), sur la plus-value des HJG pour les patients et sur leur mode de financement actuel. Il n’y a pas de données probantes démontrant qu’une prise en charge en HJG apporte un gain au patient par rapport à une hospitalisation classique. Le financement des HJG ne devrait plus être forfaitaire, comme c’est le cas actuellement mais devrait tenir compte de leur volume d’activité et du profil de leur patientèle.
Il est important pour un patient gériatrique de veiller à ce qu’il conserve le plus longtemps possible son autonomie fonctionnelle et qu’il puisse continuer à vivre indépendant. Afin de répondre à ces besoins spécifiques, le gouvernement a mis sur pied un programme de soins spécifique. Un des éléments de ce programme est l’hôpital de jour gériatrique (HJG). En 2006 le gouvernement avait décidé de financer 45 HJG dans le cadre d’un projet pilote. Depuis, ce nombre a été porté à 89. Le projet pilote court jusque fin 2010. Il a été demandé au KCE de proposer un mode de financements adapté, si nécessaire.
Un HJG est destiné aux patients âgés en moyenne de plus de 75 ans. Une équipe multidisciplinaire composée notamment d’un gériatre et d’un kinésithérapeute, d’une logopède et d’une infirmière, se charge de poser en un seul jour un diagnostic (par exemple sur la problématique des chutes, d’ostéoporose) et de pratiquer certains traitements (par exemple soins de plaie, transfusion). Après quoi l’HJG organise une revalidation ambulatoire qui durera maximum 3 mois, éventuellement après une opération.
Le KCE constate qu’il n’existe pas de données probantes qui démontrent la plus-value de l’HJG par rapport à l’hospitalisation classique. Une évaluation gériatrique globale grâce à laquelle des syndromes tels que la perte de mobilité, les chutes, les problèmes de mémoire, la dépression, l’incontinence, etc. peuvent être évalués, apparaît bien sûr comme une condition nécessaire à une bonne organisation des soins du patient gériatrique. On ne sait cependant pas encore quel est le meilleur endroit pour réaliser cette évaluation (à l’hôpital, à l’HJG, par le médecin généraliste,…).
Chaque HJG reçoit actuellement un financement public d’environ 260 000 euros dans le cadre du projet pilote, en plus du financement de l’évaluation gériatrique multidisciplinaire. Le taux d’activité de l’HJG ne joue actuellement aucun rôle dans ce financement alors que certains HJG sont sous-utilisés. Le KCE recommande de prévoir un financement spécifique à chaque HJG, basé sur le volume d’activité et le profil des patients. Cela implique que le financement des HJG qui ont un taux d’occupation beaucoup plus bas que ceux qui ont commencé en même temps qu’eux, soit diminué.
Enfin, le KCE recommande d’améliorer la collecte de données afin de pouvoir évaluer le système de financement. En raison des preuves limitées qui existent actuellement, des recherches complémentaires sont nécessaires au sujet des besoins et à de la satisfaction des patients à l’HJG, des moyens nécessaires, du coût pour le patient, du rôle du médecin généraliste, etc.