À côté des vaccins, il existe aussi des médicaments pour le traitement et la prévention de la grippe saisonnière. Ces médicaments font l’objet d’un intérêt accru dû à la crainte d’une pandémie éventuellement liée à la grippe aviaire. Une étude du KCE, menée en collaboration avec l’association des médecins généralistes néerlandophones (Domus Medica), l’hôpital universitaire et l’Université de Gand, fait le point sur la question de l’utilisation de ces médicaments. Dans le cadre de la grippe saisonnière, une utilisation généralisée n’est pas recommandée. Leur utilité potentielle dans le cadre de la grippe pandémique est mal connue.
La grippe revient chaque année. Chez les personnes en bonne santé, la grippe guérit spontanément en une petite semaine. Par contre chez les personnes âgées ou de santé fragile (par exemple souffrant par ailleurs d’une autre maladie - cardiaque ou pulmonaire ou diabète) la grippe peut avoir des complications graves voire même mortelles. Chez ces groupes à risque, la vaccination est déjà bien entrée dans les moeurs.
Traitement et prévention de la grippe saisonnière
Les médicaments contre le virus de la grippe ont été développés il y a une dizaine d’années. Le Tamiflu se prend par voie orale tandis que le Relenza doit être inhalé. Leur administration permet de diminuer d’un jour en moyenne la durée des symptômes, pour autant que le traitement soit commencé moins de 2 jours après les premiers symptômes. Il n’existe aucune preuve scientifique que ce traitement diminue les complications graves (par exemple les pneumonies), ou les décès. De manière générale, le traitement de la grippe au moyen de ces médicaments n’est donc pas recommandé. Au médecin de décider, au cas par cas, s’il estime le traitement justifié pour ses patients présentant un risque plus élevé de complications sévères. Une attitude similaire (utilisation sélective) est indiquée pour la prise de ces médicaments de manière préventive. Les maisons de retraite et les hôpitaux disposent normalement d’un plan local de prévention des maladies transmissibles ; celui-ci devrait inclure des recommandations quant à l’utilisation de ces médicaments pour la prévention ou le traitement de la grippe.
Ces médicaments ont des effets secondaires : par exemple le Tamiflu peut donner des nausées, le Relenza peut causer des crises d’asthme chez les personnes asthmatiques. Les autorités américaines ont récemment averti les professionnels de la santé du fait que le Tamiflu peut –dans de rares cas - entraîner des troubles du comportement. Un autre désavantage lié à leur utilisation fréquente est le développement d’une résistance au virus qui fait perdre de l’efficacité à ces médicaments.
Pandémie de grippe.
Beaucoup de pays, y compris le nôtre, ont créé une réserve de médicaments antiviraux dans le cadre de la préparation à une éventuelle pandémie de grippe. L’utilisation prévue de ces médicaments varie d’un pays à l’autre, la plupart, dont la Belgique, prévoyant de consacrer leur stock au traitement des malades, plutôt qu’à des fins préventives. Selon le KCE, une partie de ces réserves pourrait cependant être utilisée à des fins préventives, si l’épidémie en Belgique ne touche pas un trop grand nombre de personnes.
Il est impossible de prédire quelle variante du virus de la grippe sera responsable de la prochaine pandémie ni quand elle surviendra. L’actuel virus de la grippe aviaire est un précurseur possible. L’efficacité des médicaments antiviraux sur le virus de la grippe aviaire est insuffisamment connue. Dans certains cas le virus est résistant. Une raison de plus pour ne pas trop attendre de ces médicaments – et pour les utiliser avec parcimonie.